De commercial à prêtre : rencontre avec l’abbé Alexandre Guillaud

À 36 ans, Alexandre Guillaud, curé de Pouzauges, célèbre son premier Noël en tant que responsable de paroisse. Ce Vendéen, enfant de Sigournais au parcours atypique, a quitté une carrière de commercial pour répondre à une vocation inattendue, marquée par la foi.

L’abbé Alexandre Guillaud à Pouzauges – ©vendeegazette

« La foi, c’est une rencontre qui nourrit et guérit. » Dans son bureau, près de l’église de Pouzauges, l’abbé Alexandre Guillaud s’apprête à célébrer les fêtes de Noël avec ferveur. Il a 36 ans, une voix posée et un sourire bienveillant. Depuis trois mois, il est curé de cette paroisse vendéenne. À ses yeux, Noël est plus qu’une tradition. « C’est Dieu qui se fait homme, par amour pour nous. Ce mystère est extraordinaire. »

« On étouffe parfois sous la société de consommation. Mais la vraie joie, ce n’est pas dans les cadeaux qu’on la trouve. » 

Pour l’abbé Alexandre, Noël est une période d’effervescence. « Cette année, on célèbre une messe à 23 heures, en plus des horaires habituels. Il faut répondre à la diversité des attentes », explique-t-il. La paroisse, qui couvre tout le pays de Pouzauges, demande une organisation minutieuse. « Entre les confessions, les préparations des homélies et les visites dans les écoles catholiques, les journées sont bien remplies. »

Il insiste sur l’importance d’un Noël authentique. « On étouffe parfois sous la société de consommation. Mais la vraie joie, ce n’est pas dans les cadeaux qu’on la trouve. Noël, c’est un appel à l’amour et à la paix. » Dans les écoles qu’il visite, un enfant lui pose la question : « Qui est le plus important entre le Père Noël et Jésus ? » Un sourire éclaire son visage quand il ajoute : « La naissance du Christ, c’est Dieu qui vient à nous, tout fragile. C’est ça, Noël. »

Une vocation née d’épreuves

Rien ne prédestinait Alexandre Guillaud à devenir prêtre. « Je vendais du Caprice des Dieux comme commercial », plaisante-t-il avec une pointe d’ironie. Venant d’une famille non pratiquante, il s’éloigne de la foi pendant ses études de commerce. « J’allais peut-être à la messe à Noël, rien de plus. »

En 2011, un décès dans son entourage et des soucis de santé bouleversent sa vie. Alors qu’il réside au Mans, il est attiré par la cathédrale. « J’ai ressenti une présence, une certitude que Dieu était là et qu’il m’aimait. Cela m’a retourné. » Pendant deux ans, il explore sa foi chrétienne, aidé par des rencontres. « Plus je découvrais, plus je sentais cet appel. En 2013, j’ai quitté mon travail et commencé sept ans de séminaire. »

« Ma mère était inquiète. Mon père, lui, a montré de l’hostilité.»

L’annonce à sa famille n’est pas simple. « Ma mère était inquiète. Mon père, lui, a montré de l’hostilité. C’était difficile, mais j’étais sûr de ma décision. » Ordonné en 2020 à la cathédrale de Luçon, il se souvient d’un moment intense. « L’imposition des mains, ce geste qui remonte à Jésus, m’a marqué. C’était un appel qui me dépassait. »

Dans un monde en quête de sens, l’abbé Alexandre voit sa mission comme un pont entre le spirituel et l’humain. « La foi, c’est une rencontre avec Dieu, mais c’est aussi une découverte de soi. Plus on connaît la Bible, plus on comprend l’homme, dans sa beauté et sa fragilité. »

Le célibat : « un choix mûri »

Le célibat, souvent perçu comme un sacrifice, fait partie de cet engagement. « C’est un choix mûri. On ne peut pas vivre ce célibat sans le nourrir de la présence de Dieu. Certes, je ne transmets pas biologiquement, mais je sème la vie autrement. Je suis au service des gens, de leur paix, de leur joie. »

Malgré la baisse des vocations en France, il reste optimiste. « Beaucoup pensent que la foi est réservée aux anciens, mais je vois des jeunes, des familles, qui redécouvrent Dieu. Notre monde stressant ne nourrit pas, mais quand on remet Dieu au centre, des miracles se produisent. »

Avec un sourire lumineux, il conclut : « La foi, c’est une ouverture de cœur. Il faut lever les yeux au ciel pour découvrir la beauté qui nous dépasse. »

Auteur/autrice

  • Je viens du monde de la radio, où chaque mot compte. Aller à l’essentiel, écrire le moins pour dire le plus, c’est ma façon de travailler.Après avoir été journaliste dans plusieurs régions de France, j’ai choisi de raconter les histoires d’ici, en Vendée. Des récits de vie, des initiatives locales, une information gratuite, réfléchie et bienveillante, accessible à tous.Avec Vendée Gazette, je veux informer sans cliver, éclairer sans juger. "Le plus compliqué, c’est de faire simple", une devise qui guide ma plume, au service du local et des gens.

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3 commentaires sur « De commercial à prêtre : rencontre avec l’abbé Alexandre Guillaud »

  1. Bonjour Alexandre
    Je te souhaite un très bon premier Noël en tant que responsable de paroisse,
    Que de travail mais je suis sûre que de joies aussi.
    Surtout garde ton sourire, c est un bien très précieux.
    Encore bonne fête de Noël.
    Cordialement
    Jocelyne PAVAGEAU
    (st hilaire de loulay)

  2. Je suis de la paroisse de Pouzauges, à l arrivé de père Alexandre j’ai ressentie une très grande joie ,sans.le connaître personnellement, car il a .sut transmettre à notre paroisse un renouveau ,un amour de jésus qui s.etiolait, par des habitudes de facilités, l écouter c’est re-découvrir l amour de dieu dans sa vérité,.merci père Alexandre de dépoussiérer les préjugés, de rouvrir les.coeurs aigri, de nous faire partager tout cet amour qui vous abite

  3. Bon Noël, Alexandre.
    Ma compagne vient de me présenter le prêtre qui officiera « sans doute » pour ‘notre’ messe de Noël.
    Pour cadeau , le texte d’une de mes chansons (à l’origine pour les frères du Prieuré St Jean Baptiste d’Echourgnac en Dordogne, près de chez qui j’ai habité 25 ans).

    SANS DOUTE (expression souvent employée à contre-foi)

    L’avènement, c’est l’évènement
    C’est la continuité par tous ceux qui le fêtent
    Finalement et après tout
    Y a-t-il vraiment
    Un après un avant
    Un dessus, un dessous de la moindre planète ?

    Et de là le présent n’est-il pas l’au-delà ?
    Ou bien ne pourrait-il pas l’être ?

    D’ailleurs partout c’est bien ailleurs
    Où l’éternité arrive toujours à l’heure…

    Mais dites-moi
    Médites-moi
    Médite en toi et tu verras
    Que tes frères n’ont Dieu
    Que pour toi

    Et ma foi, ma foi
    C’est sans doute la bonne route.

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